Le cauchemar qui traverse les générations
Le simple fait d’entendre l’expression « cahier de vacances » provoque souvent une réaction assez universelle.
Chez les adultes, il ravive parfois le souvenir de longues pages d’exercices à terminer avant d’avoir le droit de filer à la plage. Chez les enfants, il est fréquemment perçu comme l’invité indésirable de l’été, celui qui s’installe sur la table du petit-déjeuner quand tout le monde rêverait plutôt de grasses matinées et de journées sans contraintes.
Et si nous réconciliions enfin les vacances… avec les apprentissages ?
On apprend aussi loin du bureau
L’une des idées les plus importantes à garder en tête est qu’on n’apprend pas uniquement assis devant un cahier, un crayon à la main.
L’été est même une formidable période pour apprendre autrement.
Lire un roman ou une bande dessinée, cuisiner une nouvelle recette, construire une cabane, tenir un carnet de voyage, visiter un musée, observer les étoiles, partir en randonnée, faire des loisirs créatifs, jouer au Scrabble avec les grands-parents, résoudre des énigmes, écouter des podcasts ou raconter ses vacances… toutes ces activités nourrissent le langage, la mémoire, la créativité, la culture générale et les capacités de raisonnement.
Un enfant qui discute, joue, découvre, s’émerveille et se questionne est un enfant qui continue d’apprendre.
Et c’est une excellente nouvelle.
Mais alors, les cahiers de vacances sont-ils inutiles ?
Pas tout à fait.
Les recherches en éducation montrent qu’une longue interruption des apprentissages peut entraîner un léger recul de certaines compétences, notamment en lecture et en mathématiques. Ce phénomène est connu sous le nom de summer slide, ou « glissade estivale ».
Néanmoins, l’objectif n’est donc pas de transformer les vacances en troisième trimestre bis, mais plutôt de maintenir un petit lien avec les fondamentaux :
- lire régulièrement ;
- écrire quelques mots, une carte postale ou un journal de vacances ;
- manipuler les nombres dans des situations du quotidien ;
- réactiver de temps en temps certaines notions.
Quelques minutes de pratique, de manière régulière et sans pression, suffisent souvent à entretenir les acquis.
Heureusement, les cahiers de vacances ont changé
Bonne nouvelle : le cahier de vacances version « vingt pages d’exercices de conjugaison » n’est plus le seul modèle disponible.
Depuis quelques années, l’offre s’est considérablement enrichie. On trouve aujourd’hui des formats beaucoup plus ludiques, sous forme d’enquêtes, de défis, de jeux ou d’escape games.
Et la tendance est telle qu’il existe désormais… des cahiers de vacances pour adultes !
Après tout, pourquoi ne pas en faire un petit rituel familial ? Quelques énigmes après le déjeuner, un défi mathématique à résoudre ensemble ou une page de culture générale pendant le goûter peuvent devenir de jolis moments de partage.
Quelques coups de cœur pour un été ludique
Parce que j’ai toujours une petite préférence pour les apprentissages qui donnent envie de jouer, voici quelques collections que j’apprécie particulièrement :
- Les cahiers Escape Game, qui transforment les révisions en enquête à résoudre ;
- Les Petits Génies, disponibles pour tous les niveaux et très appréciés des enfants ;
- Mission Révisions, qui propose de nombreux défis ;
- Nathan Vacances, avec des formats variés et attrayants ;
- Passeport, une valeur sûre qui a su se renouveler ;
- Mon cahier Montessori, pour les familles qui apprécient une approche plus manipulative ;
- Les cahiers de la collection Sami et Julie, particulièrement adaptés aux jeunes lecteurs qui ont besoin de consolider leur lecture de manière rassurante ;
- Les Incollables, dont les quiz plaisent souvent aux enfants qui aiment apprendre en jouant.
Et si aucun cahier ne vous tente, vous pouvez toujours créer votre propre programme d’été : une lecture commune, une partie de Scrabble, un carnet de découvertes, une recette à suivre, une visite culturelle ou une chasse au trésor maison feront tout autant travailler le cerveau.
En résumé…
Le meilleur cahier de vacances n’est pas forcément celui que l’on termine jusqu’à la dernière page.
C’est celui qui donne envie de réfléchir, de découvrir, de jouer et de partager.
Enfin, les vacances sont aussi un temps précieux pour ralentir, se reposer, vivre des expériences nouvelles et grandir autrement. Entretenir les apprentissages est important, bien sûr… mais préserver le plaisir d’apprendre l’est tout autant.
Alors cet été, révisons un peu, jouons beaucoup et profitons surtout de ces moments qui, eux aussi, construisent les apprentissages de demain.